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nikkita
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Vous pensez être heureux, c'est faux. Nul ne peut l'être dans le monde que je vous montre. Regardez.
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18.02.2006
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14.06.2008
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Bouddhisme Et Bouddha

A-Bouddha

Posté le 23.04.2006 par nikkita
La nuit de la pleine lune de mai, alors qu'il était assis en méditation profonde, un homme devint Bouddha en atteignant un état de tranquillité parfaite, où son esprit était devenu totalement imperturbable, surmontant ainsi toutes les causes de la souffrance humaine.
Par compassion, il passa le reste de sa vie à enseigner les moyens, ce qui est appelé maintenant le bouddhisme, grâce auxquels, nous aussi, nous pouvons nous développer pour atteindre cet état là.



--

A-Qui est Bouddha

Posté le 23.04.2006 par nikkita
Comment appelle-t-on un homme doté d'une force d’esprit infrangible, d'une vision parfaitement claire et précise, d'une bienveillance universelle et sans limites ?
On l'appele un bouddha.

L'homme qui devint le Bouddha naquit sous le nom de Siddartha Gautama, dans le nord de l'Inde, il y a plus de deux mille cinq cents ans.
De naissance princière au sein d'un clan de guerriers, il se maria et eut un fils.


Bien qu'il ait vécu dans le plaisir, le luxe et l'aisance, il ne cessait pas d'éprouver une profonde insatisfaction, au point qu'une nuit, alors qu'il était dans sa trentième année, après un dernier regard à son épouse et à son fils endormis, il se faufila silencieusement hors du palais.
Chevauchant son coursier, il atteignit les frontières de son royaume, se coupa les cheveux et la barbe, et revêtit la robe safran d'un ascète errant.

Il vécut d'abord sous l'autorité des maîtres de l'époque, puis forma avec cinq autres disciples son propre groupe.
Il acquit une certaine renommée dans la pratique des austérités, mais après avoir mené cette sorte de vie pendant six années, il dut en arriver à la conclusion qu'il était encore loin de pouvoir transcender, ou comprendre, la condition humaine.

Lorsqu'il décida de renoncer à la pratique des austérités, le reste du groupe, scandalisé, s'éloigna de lui en disant qu'il était retourné à une vie inférieure.
Il partit alors dans la forêt, seul.
Là, il demeura, avec une force renouvelée, développant la concentration avec la pratique de la méditation.

À la nuit de la pleine lune de mai, alors qu'il était assis absorbé dans la contemplation du corps et de sa respiration, ayant rendu son esprit malléable et flexible, il le dirigea sur les aspects fondamentaux de la vie.
Comme il pénétrait en esprit au cœur de ces questions, s'éleva la connaissance, s'éleva la vision, s'éleva la lumière.
Il avait atteint l'éveil total et parfait.
Il avait atteint un état de force de l'esprit infrangible, de vision claire et parfaite, de bienveillance sans limites et pour tous les êtres.
Il avait extirpé en lui l'avidité, la haine et l'ignorance.
Il avait surmonté la souffrance sous toutes ses formes.

En atteignant l'éveil, il avait atteint ce qu'il y avait à accomplir dans toute vie et il se trouvait dans un état de contentement absolu.
Pourtant, par compassion pour le monde souffrant, il passa les dernières quarante-cinq années de sa vie à enseigner les moyens -ou dharma- par lesquels d'autres pourraient à leur tour réaliser cette expérience.
Ce que nous appelons aujourd'hui le bouddhisme, sous toutes ses différentes formes culturelles, n'est autre que l'héritage de cet enseignement.

B-Qui est Bouddha

Posté le 23.04.2006 par nikkita
L’enseignement ou tradition qu’aujourd’hui en Occident on appelle le bouddhisme prit sa source dans l’expérience d’Éveil du Bouddha sous l’arbre de la Bodhi, il y a deux mille cinq cents ans.
C’est donc avec le Bouddha que commence le bouddhisme.
Mais la question qui se pose tout de suite est :
« Qui est Bouddha ? »
Il est utile, y compris pour ceux qui se considèrent bouddhistes depuis longtemps, de réfléchir à cette question.

Il nous faut tout d’abord préciser que le terme « Bouddha » n’est pas un nom propre, mais un titre qui signifie « celui qui Sait, celui qui Comprend ».
Il signifie aussi « celui qui est Éveillé », celui qui s’est éveillé, si l’on peut dire, du rêve de la vie, car il voit la Vérité, il voit la Réalité.
Ce titre a d’abord été donné à un homme dont le nom était Siddhartha, et dont le nom de clan ou de famille était Gautama, et qui vivait au sixième siècle avant notre ère, dans une région située en partie au sud du Népal et en partie au nord de l’Inde.
Par chance, nous savons beaucoup de choses du début de sa vie.
Nous savons qu’il venait d’une famille aisée, voire patricienne.
La tradition représente parfois son père comme étant le roi du clan ou de la tribu des Sakya.
Mais il semble plus probable qu’il ait été non pas le roi mais le président élu de l’assemblée du clan, remplissant pendant douze ans cette fonction avec le titre de rja, et que pendant cette période naquit son fils, Siddhartha Gautama, qui plus tard devint le Bouddha.

Siddhartha reçut ce qui était, selon les normes de cette époque, une très bonne éducation.
Bien sûr, il n’alla pas à l’école, et nous ne savons pas très bien s’il savait lire et écrire, mais nous savons qu’il reçut une excellente formation dans toutes sortes d’arts martiaux et d’exercices.
Dans leur forme la plus bouddhique certains de ces arts sont toujours populaires de nos jours en Extrême-Orient, et nous pouvons imaginer le futur Bouddha passant son temps de cette façon plutôt que plongé dans des livres.
De la bouche des vieux sages du clan il apprit aussi diverses traditions, listes généalogiques, croyances et superstitions anciennes.
De façon générale il eut une vie assez confortable, sans responsabilités particulières.
Son père, un parent plein d’affection, qui l’adorait même, le maria alors qu’il était assez jeune : selon certaines sources il n’avait que seize ans.
En Inde, à cette époque comme généralement de nos jours, le mariage était arrangé par les parents, car ce n’était pas qu’une affaire personnelle mais une affaire concernant toute la famille.
Il épousa une cousine, et le temps venu il leur naquit un fils.

De l'avant

Posté le 23.04.2006 par nikkita
La belle histoire, presque romantique, continue en décrivant comment par une nuit de pleine lune,
alors que tout était calme,
Siddhartha fit un dernier adieu à sa femme et à son fils endormis.
Il n’était pas heureux de les quitter, mais il devait partir.
Il chevaucha longtemps cette nuit-là,
jusqu’à ce qu’il ait atteint la rivière qui marquait la frontière du territoire des kya.
Là, il laissa son cheval, quitta ses habits princiers,
coupa ses longs cheveux et sa barbe,
et devint un homme errant sans foyer, à la recherche de la vérité.

Cet « aller de l’avant » est psychologiquement très significatif.
Ce n’est pas seulement devenir un moine.
C’est beaucoup plus que cela.
Cela signifie trancher ce que Fromm appelle les liens incestueux du sang,
du sol et de la famille, et rester seul, en individu libre,
à travailler à son propre salut, à sa propre destinée spirituelle.

C’est donc ce que fit Siddhartha.
Il se débarrassa de tout.
Il choisit de ne pas participer à la société.
Il en avait eu assez de la vie mondaine,
et allait maintenant essayer de trouver la vérité, essayer de voir la vérité de lui-même.
La recherche allait durer six ans.

En ce temps-là, il y avait en Inde de nombreuses personnes qui enseignaient, ou prétendaient enseigner des voies menant à la réalisation de la vérité.
Une des voies les plus courantes était celle de la torture de soi.
Aujourd’hui, en Occident, nous ne pouvons pas vraiment prendre ce genre de choses au sérieux.
À la possible exception des ermites du désert égyptien aux deuxième
et troisième siècles de notre ère,
l’automortification n’a jamais réellement été considérée
comme une méthode de développement personnel en Occident,
et elle ne fait certainement pas partie de notre vie quotidienne.
En allant au travail, nous ne voyons pas d’homme couché sur une planche à clous.
Mais en Inde de telles pratiques sont tout à fait présentes,
et même de nos jours de nombreux Indiens croient fermement que la torture de soi est le chemin du ciel, ou même le chemin de la connaissance de soi et de l’Éveil.

Il en était ainsi au temps du Bouddha.
Il y avait un puissant mouvement de cette sorte,
un mouvement enseignant que si l’on voulait trouver la vérité on devait soumettre, voire mortifier la chair.
Et c’est exactement ce que fit Siddhartha.
Pendant six ans il pratiqua les austérités les plus sévères.
Il limita nourriture et sommeil, il ne se lava pas, et il alla nu.
Tout cela, le Bouddha le décrivit lorsqu’il fut âgé,
et son récit se trouve dans les écritures bouddhiques.
Comme le dit l’un de ces récits, la célébrité de ses austérités se
répandit tel le son d’une grande cloche pendue à la voûte du ciel.
Personne, en Inde, raconta-t-il plus tard, ne le sur-passa en
auto-torture et en auto-mortification.
Mais il dit aussi que cela ne l’avait mené nulle part.
Il était devenu célèbre en tant que grand ascète,
et avait un certain nombre de disciples avec lui.
Mais lorsqu’il réalisa que ce n’était pas le chemin de la Vérité, le chemin de l’Éveil, il eut le courage d’abandonner.

Il recommença à manger, et ses disciples, dégoûtés, le quittèrent.
Et ceci aussi est significatif.
Il avait déjà quitté sa famille,
quitté ses amis, quitté sa tribu,
et à la fin même ses disciples l’abandonnèrent.
Il fut laissé complètement seul, et seul il resta.
Il alla de lieu en lieu et, finalement,
nous dit-on, il arriva à un bel endroit sur les bords d’une rivière fraîche.
Là, il s’assit à l’ombre d’un grand arbre et prit la résolution :

« Je ne me lèverai pas de cet endroit avant d’être Éveillé. »

De l'avant

Posté le 23.04.2006 par nikkita
Il y a un vers beau et dramatique qui est mis entre ses lèvres par quelques-uns des anciens compilateurs de ses enseignements :
« La chair peut dépérir, le sang peut sécher, mais avant d’avoir atteint l’Éveil je ne bougerai pas de ce siège. »
Jour après jour, nuit après nuit, donc, il resta là, assis.

Assis, il contrôlait et concentrait son esprit, purifiait son esprit, supprimait les obstacles mentaux et les souillures, et la nuit de Vésak, la nuit de la pleine lune de mai, à l’instant où l’étoile du matin se levait,
alors qu’il fixait son esprit sur cette étoile scintillant à l’horizon,
l’Illumination complète, l’Éveil complet arriva.

Il est évidemment très difficile de décrire cette sorte d’état.
Nous pouvons dire que c’est la plénitude de la Sagesse.
Nous pouvons dire que c’est la plénitude de la Compassion.
Nous pouvons dire que c’est voir la Vérité en face.
Mais ce ne sont que des mots, qui ne transmettent pas grand chose.
Disons donc simplement qu’à ce moment la « lumière » apparut,
et que Siddhartha Gautama devint le Bouddha.

Dans un certain sens ceci était la fin de sa quête.
Il était devenu le Bouddha, « celui qui savait ».
Il avait trouvé la solution à l’énigme de l’existence.
Il était Illuminé, il était Éveillé.
Mais d’un autre côté ce n’était que le début de sa mission.
Décidant de faire connaître à l’humanité la Vérité qu’il avait découverte,
il quitta l’endroit que l’on appelle aujourd’hui Bodh Gaya
et marcha vers Sarnath, à environ cent cinquante kilomètres de là.
Il rassembla les disciples qui l’avaient quitté quand il avait cessé ses austérités, et leur fit connaître sa grande découverte.
Selon certains récits il leur prêcha le sutta que les Occidentaux appellent parfois « le premier sermon »
Un sutta est réellement un discours suivi,
une série d’idées et de thèmes liés ensemble, comme par un fil :
C’est ce que sutta signifie littéralement.

Progressivement, une communauté spirituelle grandit autour du Bouddha.
Il ne resta pas de façon permanente en un endroit,
mais parcourut tout le Nord-Est de l’Inde.
Il eût une longue vie, atteignant l’Éveil à trente-cinq ans
et vivant jusqu’à quatre-vingts ans.
Il eût donc quarante-cinq années de travail, de vie active, répandant son enseignement.
Il semble que pendant neuf mois de l’année, il allait de lieu en lieu,
prêchant, et puis pendant trois mois il s’abritait des pluies torrentielles
de la mousson.
Arrivant dans un village, si c’était l’heure de son seul repas de la journée,
il sortait son bol à aumônes et allait silencieusement de la porte
d’une hutte à la suivante.
Ayant collecté autant de nourriture qu’il en avait besoin,
il se retirait dans la plantation de manguiers que,
de nos jours encore, on trouve aux abords de tout village indien,
et s’asseyait sous un arbre.
À la fin de son repas les villageois se rassemblaient autour de lui et il leur enseignait.
Parfois venaient des brahmanes, parfois c’étaient de riches propriétaires terriens, parfois des paysans, parfois des marchands, parfois des balayeurs, parfois des prostituées.

Le Bouddha enseignait à tous.

Et parfois, dans les grandes villes, il prêchait à des rois et à des princes.
De cette manière, beaucoup de gens se mirent à le suivre,
et il devint le plus grand et le plus connu des maîtres spirituels de l’Inde, à cette époque.
Et quand il mourut, quand il atteignit ce que l’on appelle le parinirvana,
il y avait des milliers, et même des dizaines de milliers de ses disciples
pour pleurer son départ, moines et laïcs, hommes et femmes.

Voici, dans les grandes lignes au moins, la biographie traditionnelle de Siddhartha Gautama, le prince indien qui devint le Bouddha,
l’Illuminé, l’Éveillé, le fondateur de la grande tradition spirituelle que nous appelons le bouddhisme.

Mais cela répond-il vraiment à la question :

« Qui était le Bouddha ? »

Cela nous présente certainement tous les faits, mais une telle biographie,
aussi bien documentée soit-elle, nous dit-elle réellement
qui était le Bouddha ?
Connaissons-nous le Bouddha, et l’insistance est sur « connaître »
à partir d’une description de la vie de Siddhartha Gautama ?

Que voulons-nous dire, en fait, par connaître le Bouddha ?

Même d’un point de vue mondain, nous pouvons connaître les goûts de quelqu’un, ses opinions et ses croyances,
mais connaissons-nous réellement cette personne ?
Parfois, même nos amis les plus proches font des choses que nous trouvons bien hors de leur caractère, assez éloignées de l’idée que nous nous faisons d’eux.
Cela nous montre combien, en réalité, nous connaissons peu les autres.
Nous ne sommes pas vraiment capable de sonder les sources
les plus profondes de leurs actes, leur motivation fondamentale.
Généralement, plus les gens sont proches de nous, moins nous les connaissons réellement.
Il y a un vieux dicton :
« Sage est l’enfant qui connaît son propre père ».

C’est comme si la familiarité ou la proximité superficielle se posaient en obstacles.
Ainsi, la personne que nous connaissons et avec qui nous avons des relations n’est pas l’autre personne mais nos propres préconceptions,
nos propres états mentaux projetés, nos propres réactions, plutôt subjectives.
En d’autres termes, notre « ego » se met en travers du chemin.
Afin de réellement connaître une autre personne nous devons avoir un niveau de communication bien plus profond que notre niveau habituel, qui n’est pas du tout une vraie communication.

Et c’est la même chose en ce qui concerne cette question de connaître le Bouddha.
Cette question, dans son sens le plus profond, a été posée depuis les tous premiers jours du bouddhisme.
En fait, c’est une question qui a apparemment été posée au Bouddha lui-même, peu après son Éveil :
« Qui es-tu ? »
« Je suis un Bouddha ».

Voyageant le long de la grande route, le Bouddha rencontra un homme appelé Dona.
Dona était un Brahmane, qui connaissait la science des signes du corps.
Voyant sur les empreintes des pieds du Bouddha la marque d’une roue à mille rayons, il suivit sa piste le long de la route, jusqu’à ce qu’il ait rattrapé le Bouddha, qui était assis sous un arbre.
Le Bouddha venant d’atteindre l’Éveil, il y avait une luminosité qui émanait de tout son être.
On nous dit que c’était comme si une lumière brillait de son visage :
il était heureux, serein, plein de joie.
Dona fut très impressionné par son apparence, et il semble qu’il ait ressenti que ce n’était pas un être humain ordinaire, et peut-être pas un être humain du tout.
Se rapprochant, il alla directement au cœur du sujet, comme c’est la coutume en Inde en ce qui concerne les choses religieuses.
Il dit :
« Qui es-tu ? »

Les anciens indiens croyaient que l’univers était stratifié en divers niveaux d’existence, qu’il n’y a pas que des êtres humains et des animaux,
comme nous le croyons, mais aussi des dieux, des esprits, des yaksas, des gandharvas, et toutes sortes d’autres êtres mythologiques
habitant un univers à plusieurs étages, le niveau humain n’étant que l’un des nombreux étages.
Dona demanda donc :
« Es-tu un yaksa ? » un yaksa étant un esprit sublime assez terrifiant vivant dans la forêt.
Mais le Bouddha dit :
« Non ».
Simplement
« Non ».
Dona essaya alors à nouveau : « Es-tu un gandharva ? »
une sorte de musicien céleste, un bel être chantant, tel un ange.
Une fois encore, le Bouddha dit :
« Non »,
et Dona demanda encore :
« Alors, es-tu un deva ? »
un dieu, un être divin, une sorte d’archange.
« Non ».
Sur cela Dona pensa :
« C’est étrange. Il doit être un être humain, après tout ! »
Et il lui demanda aussi cela, mais le Bouddha dit encore :
« Non ».
Dona fût alors tout perplexe, et il lui demanda :
« Si tu n’es aucune de ces choses, alors qui es-tu ? »

Le Bouddha répondit :

« Les conditionnements mentaux qui permettraient de me décrire comme un yaksa ou un gandharva, comme un deva ou un être humain, tous ces conditionnements mentaux, je les ai détruits.

Je suis donc un Bouddha. »

De l'avant

Posté le 23.04.2006 par nikkita
Le mot pour conditionnements mentaux est samskra, qui signifie toutes sortes d’attitudes mentales conditionnées.
Ce sont ces attitudes mentales conditionnées, ces volitions ou formations karmiques, telles qu’elles sont parfois nommées, qui, selon le bouddhisme et selon les croyances indiennes en général, déterminent la nature de notre renaissance.
De toutes, le Bouddha était libéré, et il n’y avait donc rien qui puisse être pour lui la cause d’une renaissance en tant que yaksa, que gandharva, que dieu, ou même qu’être humain, et tel qu’on le voyait il n’était en réalité aucune de ces choses.
Il avait atteint l’état de conscience inconditionnée, quoique son corps puisse apparaître comme étant celui d’un homme. Il s’appelait donc le Bouddha, le Bouddha étant si l’on peut dire une incarnation, une personnification de l’esprit inconditionné.

L’esprit humain procède par étapes, du connu à l’inconnu, et c’est ce que Dona essaya de faire.
Voyant la glorieuse personne du Bouddha, il essaya de lui appliquer les seules étiquettes à sa disposition, les étiquettes de yaksa, de gandharva, etc., mais aucune d’entre-elles ne convenait.
Pour nous, ceci est tout à fait approprié car il y a deux des catégories de Dona qui représentent des erreurs que nous commettons encore de nos jours quand nous essayons de comprendre qui était, ou qui est le Bouddha.
Ce sont les catégories de « Dieu » et d’« homme », les deux seules catégories toujours à notre disposition en Occident.
Une école de pensée dit : « Le Bouddha était un homme très bon, un saint homme même, mais ce n’était qu’un homme et rien de plus que cela ».
C’est le point de vue, par exemple des catholiques qui écrivent sur le bouddhisme.
C’est une sorte d’approche assez insidieuse.
Quoiqu’ils puissent louer le Bouddha pour son amour merveilleux, pour sa compassion merveilleuse, pour sa sagesse merveilleuse, etc.
Ils prennent soin d’ajouter qu’après tout ce n’était qu’un homme, alors que Jésus-Christ était le Fils de Dieu.
L’autre école dit : « Non, le Bouddha est pour les bouddhistes une sorte de Dieu.
À l’origine c’était un homme, bien sûr, mais après sa mort ses disciples le déifièrent car ils voulaient quelque chose qu’ils puissent adorer ».

Ces deux vues sont erronées.
Le Bouddha était un homme, oui, un être humain, dans le sens où il a commencé comme tout être humain commence, mais ce n’était pas un être humain ordinaire, c’était un homme Éveillé.
Et un tel être, un Bouddha, est, selon la tradition bouddhique, l’être le plus élevé dans l’univers, plus élevé même que ceux que l’on appelle des dieux. Dans l’art bouddhique les dieux sont représentés dans d’humbles positions, de chaque côté du Bouddha, le saluant et écoutant son enseignement.

Une certaine confusion est apparue en Occident, à propos du fait que le Bouddha soit un dieu, ou soit Dieu, car nous voyons qu’il est vénéré, les bouddhistes offrent des fleurs à l’autel, allument des bougies, s’inclinent et nous pensons que si les bouddhistes vénèrent quelqu’un de cette façon-là, cela veut dire que pour eux cette personne est Dieu.
Mais c’est tout à fait erroné.
En Orient, non seulement les bouddhistes, mais les gens en général ont une vision très différente de la vénération.
En Inde, le même mot, est utilisé pour le respect dû au Bouddha, dû à ses parents, dû à ses frères et sœurs plus âgés, dû à ses maîtres spirituels et séculiers, et dû à toute personne plus âgée ou respectable.
Ce que font donc les bouddhistes, lorsqu’ils offrent des fleurs à l’image du Bouddha, est respecter ou honorer le Bouddha en tant qu’être Éveillé, et non l’adorer en tant que Dieu.

Mais revenons à notre thème principal : connaître le Bouddha.
Nous avons vu que « Bouddha » signifie « esprit inconditionné », ou « esprit Éveillé ».
Connaître le Bouddha signifie donc connaître l’esprit dans son état inconditionné.
Si l’on nous demandait donc maintenant : « Qui est le Bouddha ? », nous ne pourrions que répondre :
« Vous êtes vous-même le Bouddha — potentiellement ».
Nous ne pouvons réellement et vraiment arriver à connaître le Bouddha qu’en rendant réelle notre propre Bouddhéité potentielle, dans notre vie spirituelle, dans notre méditation, etc.
Ce n’est qu’alors que nous pouvons dire, de connaissance, d’expérience, qui est le Bouddha.

Mais nous ne pouvons pas faire cela d’un coup.
Nous devons tout d’abord établir un contact vivant avec le bouddhisme.
Nous devons arriver à quelque chose qui soit bien plus qu’une simple connaissance factuelle du Bouddha Gautama, des détails de sa vie terrestre, même si cela est très loin d’une connaissance de l’esprit inconditionné, d’une connaissance réelle du Bouddha.
Ce quelque chose est ce que l’on appelle Aller en Refuge dans le Bouddha.
Cela ne veut pas simplement dire réciter la formule « Buddham saranam gacchmi », quoique cela n’exclue pas une telle récitation.
Cela veut dire prendre la Bouddhéité, prendre l’idée ou l’idéal de l’Éveil, en tant qu’Idéal spirituel vivant, en tant que notre objectif ultime, et faire tout notre possible pour le réaliser.
En d’autres termes, ce n’est qu’en Allant en Refuge dans le Bouddha, dans le sens traditionnel, que nous pouvons vraiment savoir qui est le Bouddha.
C’est une des raisons pour lesquelles, chez les Amis de l’Ordre Bouddhiste Occidental, nous attachons une si grande importance aux Refuges, et à Aller en Refuge non seulement dans le Bouddha, mais aussi dans le Dharma et dans le Sangha.

En conclusion, ce n’est qu’en prenant Refuge dans le Bouddha, avec tout ce que cela implique, que nous pouvons réellement et vraiment répondre, à partir de notre cœur, de notre esprit, et de toute notre vie spirituelle, à la question :
« Qui est le Bouddha ? »

E-1Bouddhisme Chinois

Posté le 24.04.2006 par nikkita
Buddha Sakyamuni


Le Mahayana va arriver en Chine par la route la Soie au IIIème siècle.
Les courants taoïste et confucianiste, déjà présents vont freiner son expansion, qui se fera entre le Vème et le VIème siècle.
Elle va être le fait de traducteurs, qui vont retranscrire les sutras en chinois et de pèlerins, qui, visitant l'Inde, en rapporteront des textes.
Si de nombreux courants se développent au fil des siècles, le Chan et l'école de la Terre pure vont s'implanter durablement, se mêlant aux croyances taoïstes locales.

Le bouddhisme chinois, c'est la plus grande religion de Chine, la plus grande bibliothèque religieuse de Chine.

Les premières traductions de soutras en chinois ont été faites quelques décennies avant notre ère.
A partir de là on n'arrête pas de traduire, et on forme ce qu'on appelle l'ancienne traduction, dont Kumarajiva est le sommet vers l'an 400.

Vers l'an 600 vient la critique par Xuanzang de toutes ces anciennes traductions, et il n'a pas été écouté.
Déjà le coeur des chinois bouddhistes, des familles et des intellectuels bouddhistes s'était basé sur les textes anciens.
Xuanzang voulait les interpréter de manière correcte, mais ce faisant, il a fait une critique tellement radicale qu'on ne savait plus de quoi il parlait.
Il a même été jusqu'à faire brûler certains manuscrits pour lesquels il n'était pas d'accord !

Pendant ce temps là, les écoles se sont formées autour des soutras plutôt qu'autour des tantras.

Par exemple on avait l'école du soutra du lotus qui a donné l'école Tiandai, au Japon l'école Tendaï.

Tous les grands tantras, comme le tantra de Maha Vairocana formaient cette école qu'on appelle Shingon au Japon.
Elle a vécu et vit encore au Japon.
En Chine ça n'a pas tellement marché parce que c'était plutôt mêlé à la cour impériale qui préférait bien à la méditation les dharanis, les formules secrètes, et les talismans.






E-2Bouddhisme Chinois

Posté le 24.04.2006 par nikkita
Buddha Sakyamuni

Le Chan, c'est déjà une synthèse, on dit Zen plus couramment aujourd'hui en utilisant le mot japonais, parce qu'il a été popularisé sous sa forme Soto et Rinzaï, et que "Zen" est plus prononçable que "Chan".

On dit que l'école du Chan est une école de méditation.
C'est idiot.
Dans tout le bouddhisme on médite.
Dans le Chan, on a essayé de dire également :
"Une tradition orale qui se passe de texte".
Mais alors pourquoi citent-ils sans arrêt les textes ?

Ce qu'on veut dire, c'est que l'éveil est une compréhension profonde, une réalisation, quelque chose qui n'est pas du tout posé sur les mots, ni n'en dépend, ni ne se transmet forcément avec les mots.
Mais si on lit un soutra, on verra que c'est cet éveil qui est décrit.

L'objet de tous les soutras du Bouddha, c'est de décrire l'éveil.
Et cette chose est indescriptible.
Donc c'est sans arrêt des approches, jusqu'au moment où...
Mais il est évident que l'éveil ne sera jamais porté par les mots.

Il est porté à l'extrême dans le chapitre sur la non-dualité, où l'on voit le tonitruant silence de Vimalakirti qui est une des choses les plus célèbres.

Et bien sûr il y a l'école Madhyamika, la pensée de la Prajnaparamita, représentée à partir de Kumarajiva.








E-3Bouddhisme Chinois

Posté le 24.04.2006 par nikkita
Bouddha Sakyamuni

Certains sont plus intéressés par la concentration sur un objet, d'autres par la concentration sur les réalités de l'esprit, d'autres par le questionnement sur qui cherche cette réalité de l'esprit...

On voit par exemple dans le bouddhisme chinois moderne, c'est à dire du 17è au 19/20è siècle, l'accent mis par certains sur la récitation du nom d'Amithaba. C'est une des milliers de méthodes que le Bouddha propose.
Qu'on en fasse une école, et que ça devienne l'unique méthode de cette école, c'est ce qu'on appelle mettre les moyens habiles un petit peu en avant par rapport à la sagesse...

Normalement, il est enseigné que les deux doivent toujours être ensemble. Mais ce n'est pas une faute, puisqu'il y avait par exemple l'intention très saine de simplifier la vie des laïques.

Si l'échelle qu'on veut atteindre est encore une échelle de réalité, plus on regarde une chose précisément, plus elle apparaît clairement, avec ses détails, etc...
Mais dans le mahayana, plus on observe un objet, plus il devient flou et inexistant.
Au début on croit son maître qui nous dit que tout est vide, on le croit, mais on n'en a pas en fait l'expérience.
Il faut en faire l'expérience répétée, approfondie.
Et quand on arrive à sa grande insaisissabilité, si je puis dire, on se détend dans cet état là.

Il faut essayer de juste observer la naissance des pensées, leur fin.
Le Madhyamika l'explique bien :
il y a une dénomination...
Par exemple Napoléon, je peux dire Napoléon, il y a une certaine réalité derrière.
Mais il est évident que la base de désignation de Napoléon n'existe plus.
Ce que théoriquement le bouddhisme montre, c'est qu'elle n'a jamais existé, qu'il n'y a que des désignations conventionnelles.

Mais il y a plus profond que la vacuité, c'est la compassion.

C'est plus profond.
C'est d'abord plus accessible.
Mais la grande compassion c'est inaccessible, puisqu'il faut bien connaître la vacuité.
Donc on peut singer la vacuité en étant compatissant, c'est à dire en étant en toute sympathie avec les gens, parce que là on pratique l'égalité un petit peu : "Ce que je ressens tu le ressens..."
Et si on pratique l'égalité, on approche de la vacuité, vraiment.


E-4Bouddhisme Chinois

Posté le 24.04.2006 par nikkita
Bouddha Sakyamuni

Comprendre que le corps apparaît mais n'est pas réel, c'est ce qu'on appelle le diamant du corps, et le diamant du corps, c'est le corps du maître, et l'union avec mon maître, c'est comprendre que mon corps apparaît mais n'est pas réel. Et c'est pareil pour la parole et l'esprit.
C'est ce qu'il y a de pur, c'est à dire d'absolument vide et non-duel en nous.

La voie de la dévotion en tant que telle, celle des gens qui ne font qu'aimer leur maître comme une mère aime ses enfants, mais une mère qui ne connaît pas la vacuité, ça aide.
Ca ne mène pas à fond à la chose, mais ça aide beaucoup :
rien que ça ça décape, vu qu'on pratique tellement le contraire ordinairement.

On écoute un enseignement sur les bodhisattvas, puis on attend un taxi, et on ne donnera pas le taxi à la personne après nous, on le prend nous.
On a cru une seconde à notre réalité, et un bodhisattva qui se sert lui-même, ne serait-ce qu'un instant, il a cassé ses voeux....

Beaucoup veulent passer tout de suite aux enseignements les plus sublimes... Mais mon maître dit toujours :
Toutes les méthodes habiles, tous les tantras, tous les canaux subtils, c'est pour nous rappeler la compassion".
Il fait exprès de dire ça c'est évident, et il a bien raison de dire ça, pour qu'enfin on soit compatissant.
Il dit : "Vous prenez des prétextes dharmiques pour mieux piétiner les autres".

Et on est là sur terre pour piétiner les autres, c'est bien connu.
C'est presque ce que nos parents nous ont appris :
"Tu dois être le premier, c'est un panier de crabes, il faut être sur le dessus, etc..."

Il semblerait que tous les Bouddhas sont devenus Bouddha parce qu'ils avaient une grande compassion.
Sans compassion, pas question de chercher à même devenir Bouddha, semblerait-il.
La compassion, elle doit être grande, comme on dit.
Elle est grande, parce qu'elle doit avoir pour objet tous les êtres, ce qui est un objet inconcevable en fait.
Mais elle ne peut pas avoir d'autre objet.

Le voisin, bien sûr, il fait partie de tous les êtres.
Alors ça c'est pratique.
Et même, certaines pratiques comme tonglen dans le bouddhisme tibétain sont là pour apprendre un peu à avoir du naturel dans l'acte d'aider.
Parce que ça se traduit quand même par des actes d'aider, des actes d'effacement, des actes d'humilité




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